De Kuching (la ville du chat), nous avons continué notre périple à travers la région du Sarawak, en direction de l’est et en longeant la côte. On a ainsi traversé Sibu (la ville du cygne), au marché impressionnant. Le matin, les halles sont remplies de produits que ce soit viandes, poissons, ou fruits et légumes, tandis que le soir un marché nocturne prend place pas loin de la mer, qui voit se côtoyer nourriture chinoise majoritairement à base de porc (les chinois ont en commun avec les français le dicton tout est bon dans le cochon) et nourriture malais, musulmane.

Apres Sibu, nous avons continué notre route jusqu’à Miri (la ville de l’hippocampe). C’est la seule route directe pour aller de Kuching à Miri, d’autres itinéraires sont possibles de par les terres mais impliquant bateau et gros 4 × 4. A Miri, nous avions l’intention de faire un peu de plongée, la ville étant réputée dans ce domaine. Malheureusement nous avons tout deux été malade (vive la clim!) et nous sommes du coup rabattu sur l’idée de partir pour Mulu même si l’idée de reprendre l’avion ne nous emballait guère. (On essaye dans la mesure du possible de réduire notre impact environnemental tout en ayant conscience qu’en partant à l’autre bout du monde c’est assez compliqué…)

Mulu c’est un endroit perdu au milieu de nulle part. On n’y accéde que par un petit avion à hélices, et la seule route à Mulu commence juste avant l’aéroport, et s’arrête à l’hotel Marriott, et oui le luxe n’a pas de limite géographique.
A Mulu, tout est importé par avion jusqu’à l’eau et la nourriture. Pas d’internet, hormis si on a la chance de se payer un séjour au Marriott, et notre auberge ne disposait de l’électricité que de 18h à minuit. Mais on ne vient pas à Mulu pour le confort.

Mulu abrite une petite merveille : Un parc national qui remplit les 4 critères de l’Unesco qui en font un patrimoine mondial (un seul est nécessaire pour être reconnu patrimoine mondial). Les quatre critères sont :
- Représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles ;
- Être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification ;
- Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins ;
- Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation

Mulu est notamment réputé pour ses grottes qui font partie des plus grandes au monde. On peut y observer différents types de chauves souris telle que la roussette à aile tachetées (la plus petite au monde) ou encore la Pteropus vampyrus (ou renard volant en anglais) dont certains spécimens peuvent atteindre des tailles impressionnantes.
Au milieu du parc, un endroit a d’ailleurs été aménagé pour que les visiteurs puissent s’assoir tranquillement et les observer sortir par centaines d’une grotte, ressemblant ainsi à des rubans de fumée

Outre les chauves souris, dès la nuit tombée de nombreux insectes aux formes improbables sortent le bout de leurs nez. Mais les chauves souris sont d’excellents prédateurs, rapides et silencieux.
Mulu est un petit coin de paradis, mais si le parc a la chance d’être protégé de par son appellation de patrimoine mondial de l’Unesco, il n’en est pas de même pour les environs qui sont victimes de la culture de l’huile de palme extrêmement importante en Malaise, et qui rapporte plus que le tourisme. Une pétition court afin de protéger Mulu de la déforestation galopante, les chasseurs ne parvenant plus à trouver leur subsistance au sein de la foret (les phacochères) et devant parfois, chasser au sein même du parc. On vous invite à la signer : https://www.savemulu.org/
